Artnaq

Labo d’observation
Ton œil s’aiguise.

Guide · Après une arnaque

Je me suis fait arnaquer : que faire, dans l’ordre ?

Mis à jour le

Appelle d’abord ta banque pour bloquer ta carte ou tenter d’annuler le virement, garde toutes les preuves, puis porte plainte en ligne avec THESEE ou au commissariat. Fais-toi aider par 17Cyber ou Info Escroqueries, ne paie jamais quelqu’un qui promet de récupérer ton argent, et souviens-toi : ça arrive à tout le monde.

Homme assis à la table d’une cuisine devant des papiers, une femme debout derrière lui la main posée sur son épaule
Photo : Vitaly Gariev sur Unsplash

Je viens de comprendre que c’est une arnaque : par quoi je commence ?

Respire. Tu n’as pas besoin de tout faire dans la même heure. Mais la première étape, elle, ne doit pas attendre : plus ta banque est prévenue tôt, plus elle a de chances d’agir (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 28/05/2025). Voici l’ordre qui convient à presque toutes les situations.

  1. Coupe le contact. Ne réponds plus, ne rappelle pas, n’envoie plus rien, même si on te jure que c’est le dernier paiement.
  2. Appelle ta banque. Prends le numéro au dos de ta carte, sur ton relevé ou dans ton appli, jamais celui que l’escroc t’a donné.
  3. Change tes mots de passe si tu as donné un code ou un identifiant, ou si quelqu’un a pris la main sur ton ordinateur.
  4. Rassemble les preuves avant qu’elles disparaissent.
  5. Porte plainte, en ligne ou sur place.
  6. Signale l’arnaque, pour protéger les suivants.

Que dire à ma banque, et que lui demander ?

Dis simplement ce qui s’est passé : « J’ai été victime d’une escroquerie. » Puis demande ce qui correspond à ton cas.

  • L’opposition, si ta carte, ton chéquier ou les données de ta carte ont servi. Confirme-la ensuite par écrit, sans attendre.
  • L’annulation de l’opération, si tu as fait un virement. La banque peut tenter de récupérer les fonds. Ce n’est pas garanti, mais ça vaut toujours la peine d’essayer, et vite.

Si quelqu’un a fait des achats en ligne avec ta carte alors que tu l’as toujours sur toi, fais opposition, puis déclare ces achats sur Perceval, le service gratuit de l’État. Tu t’y connectes avec FranceConnect, et le récépissé arrive par mail sous quelques heures (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 14/10/2026).

Quelles preuves faut-il garder ?

Ne supprime rien, même si tu as envie d’oublier. Fais des captures d’écran des messages et du faux site, avec l’adresse visible. Note les numéros, les dates et les heures des appels. Garde tes relevés bancaires, les preuves de virement, les factures, les contrats, et l’IBAN qui a reçu ton argent : il est obligatoire pour porter plainte en ligne.

Comment porter plainte pour une arnaque ?

En ligne, avec THESEE. C’est la plainte en ligne du ministère de l’Intérieur pour les arnaques sur internet : faux site de vente, messagerie piratée, argent extorqué pour débloquer un ordinateur… Elle est réservée aux majeurs. Ta plainte est validée et signée par un policier, et ton récépissé arrive dans ton espace personnel (Ma Sécurité, page mise à jour le 14/10/2026). Un mineur peut seulement faire un signalement.

Au commissariat ou à la gendarmerie. C’est obligatoire pour un faux placement sur internet, et toujours possible pour les autres cas. Tu choisis le commissariat ou la brigade, et ils doivent enregistrer ta plainte. Tu peux aussi écrire au procureur de la République (service-public.gouv.fr).

Même pour une petite somme, porte plainte : sans plainte, pas d’enquête, et pas de réparation possible plus tard. On en reparle un peu plus bas.

Qui peut m’aider, là, tout de suite ?

  • 17Cyber, sur 17cyber.gouv.fr : un diagnostic gratuit, des conseils adaptés, et un tchat avec un policier ou un gendarme quand ta situation le demande, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 (Cybermalveillance.gouv.fr, page mise à jour le 28/01/2026).
  • Info Escroqueries, au 0 805 805 817 : un appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, avec des enquêteurs spécialisés (police nationale, page du 06/02/2024).
  • France Victimes, au 116 006 : une aide gratuite pour être accompagné dans tes démarches, recommandée par Cybermalveillance.gouv.fr.

En cas de danger ou d’urgence, appelle le 17.

Comment savoir si on essaie de m’arnaquer une deuxième fois ?

Après une arnaque, ton nom et ton numéro peuvent circuler. Quelqu’un t’appelle : il dit être avocat, enquêteur, employé de ta banque, agent de l’AMF ou d’une société de « recouvrement ». Il connaît ton histoire et promet de récupérer ton argent, à condition de payer d’abord des frais, une caution ou un impôt. Ces signes ne trompent pas : c’est une nouvelle arnaque.

Ça n’a rien de rare. D’après une étude BVA Xsight pour l’AMF datée d’octobre 2024, 66 % des personnes probablement piégées par un faux placement ont reçu ce genre d’appel, et 86 % de celles à qui l’on a réclamé de l’argent ont payé. L’AMF, elle, ne demande jamais d’argent et ne contacte personne pour récupérer des fonds : seule la justice peut le faire (communiqué du 12/01/2023). Les vrais services d’aide, comme 17Cyber ou Info Escroqueries, ne te demandent jamais un centime.

Trois situations, trois bons réflexes

« Un faux conseiller m’a fait valider une opération. » Ta vraie banque ne te demande jamais de valider une opération pour l’annuler. Appelle-la toi-même, fais opposition à ta carte, puis déclare les achats sur Perceval s’il y en a. Tout est expliqué dans le guide faux conseiller bancaire.

« J’ai payé une location ou un objet qui n’existe pas. » Préviens ta banque, signale l’annonce au site, puis porte plainte avec THESEE. Si tu as envoyé une copie de tes papiers, ajoute une main courante, comme le conseille Cybermalveillance.gouv.fr. Le guide fausses locations et faux acheteurs détaille ce cas.

« J’ai investi sur une plateforme qui ne me rend rien. » N’envoie plus un euro, même pour « débloquer » tes gains. Va porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, et signale la plateforme à l’AMF. Le guide sentiments et faux placements t’aide à y voir clair.

Que cherche l’escroc, maintenant que c’est fait ?

Parfois, il n’a pas fini. Il peut réutiliser tes données, ou revenir dans le rôle du sauveur. Change tes mots de passe et, pour une messagerie piratée, vérifie que le numéro et le mail de récupération sont bien les tiens (Cybermalveillance.gouv.fr).

Est-ce que je vais récupérer mon argent ?

Personne ne peut te le promettre honnêtement. Si l’auteur est retrouvé et poursuivi, tu peux te constituer partie civile pour demander réparation, ou demander une indemnisation au Fonds de garantie des victimes (service-public.gouv.fr).

Comment en parler sans avoir honte ?

Ça arrive à tout le monde, même aux plus prudents. Les escrocs travaillent leur texte, imitent des voix, des logos et des sites, et choisissent le moment où tu es fatigué, pressé ou inquiet. Tomber dans le piège ne dit rien de ton intelligence. Ça dit seulement que quelqu’un a beaucoup travaillé pour te tromper.

En parler vite t’aide doublement : ta banque peut agir à temps, et tu ne restes pas seul avec ça. Pour commencer, une phrase suffit : « Il m’est arrivé un truc, j’ai besoin d’en parler. » Ton histoire peut même éviter le même piège à un ami ou à un voisin.

Si c’est un proche qui s’est fait avoir, évite les « mais enfin, comment tu as pu ? ». Écoute d’abord. Aide-le à appeler la banque, à rassembler les preuves, à faire la plainte. Plus tard, quand ça ira mieux, vous pourrez vous entraîner ensemble avec la page teste un proche ou le parcours de l’appli.

Où signaler, en plus de la plainte ?

Le SMS ou l’appel louche : au 33700. Le faux site : sur Pharos. L’entreprise qui t’a trompé : sur SignalConso. Le faux placement : à l’AMF. Chaque cas est expliqué sur notre page où signaler une arnaque.

Pour comprendre ce qui t’est arrivé, choisis ton guide : faux SMS de colis, faux mail Ameli, faux mail des impôts ou d’amende, arnaque au CPF, faux message d’un proche, voix clonée par l’IA, faux support et dépanneur ou achats en ligne et faux sites.

Noms imités par les escrocs : « AMF ». Artnaq n’est lié à aucun d’eux et ne montre jamais leur logo.

Les derniers pièges classés

Pour t’entraîner avec un proche : Teste un proche. Toutes les affaires : le journal des affaires.

Sources