Guide · Faux dépanneur
Faux support technique, dépanneur hors de prix : les bons réflexes
Mis à jour le
Un écran qui se bloque en te disant d’appeler « le support », un serrurier qui annonce une facture énorme sans devis, ou un appel pour des travaux d’isolation « payés par l’État » : ce sont des pièges classiques. N’appelle jamais le numéro affiché, exige un devis écrit avant toute intervention, et sache que le démarchage pour la rénovation énergétique est interdit.
« Votre ordinateur est bloqué » : est-ce que c’est vrai ?
Non. Une fenêtre qui prend tout l’écran, parfois avec une alarme ou une voix, annonce un virus et donne un numéro à appeler. Elle se fait souvent passer pour Microsoft ou Apple. Mais elle ne vient ni de ton système ni de ton antivirus : c’est une page web piégée, ouverte par une publicité, un faux article, un résultat sponsorisé ou un mail frauduleux (Cybermalveillance.gouv.fr, fiche mise à jour le 23/10/2026).
Au bout du fil, un faux technicien très poli te demande d’installer un logiciel pour « prendre la main » à distance sur ton ordinateur. Ensuite, il réclame un paiement pour un dépannage, un logiciel ou un abonnement qui ne sert à rien. Si tu refuses, il peut menacer d’effacer tes fichiers ou de bloquer l’appareil. Certains prétendent même « sécuriser » ton compte bancaire pour mieux le vider. Ce site n’a aucun lien avec Microsoft ni Apple, on les cite parce que les escrocs copient leur nom.
Comment fermer la fausse alerte sans risque ?
Appuie sur la touche Échap, ou sur F11 pour sortir du plein écran, puis ferme l’onglet. Si tout reste figé, redémarre l’ordinateur. Avant, photographie l’écran : c’est une preuve. Et surtout, n’appelle pas le numéro. Aucun vrai support technique ne te contactera, ni ne te demandera de l’appeler, à cause d’une prétendue alerte de sécurité.
Serrurier, plombier : comment éviter la facture surprise ?
Porte claquée, fuite sous l’évier : on prend le premier numéro venu, sur un tract ou en haut d’une recherche. C’est là que certains dépanneurs abusent, en surfacturant ou en faisant des travaux inutiles (economie.gouv.fr, page du 20/07/2023). Méfie-toi surtout des tracts qui imitent un document officiel, avec du bleu-blanc-rouge ou un logo public : ils renvoient souvent vers des professionnels qui ne respectent pas la loi.
La règle qui te protège : avant d’intervenir, le professionnel doit te remettre un devis écrit, et ce dès le premier euro. Ce devis détaille chaque pièce, chaque heure de travail, les frais de déplacement et le total à payer. Tu n’es engagé qu’une fois le devis signé. Sans devis, ne donne pas ton accord. Si le prix te paraît fou, tu peux dire non et appeler quelqu’un d’autre, même en urgence.
Autre piège : sur un smartphone, un bouton « appeler » dans les résultats de recherche peut composer un numéro surtaxé sans afficher le prix. La DGCCRF le signale, et rappelle que les services clients des entreprises et les services publics doivent proposer un numéro non surtaxé (page du 21/08/2026).
Démarchage pour l’isolation ou une pompe à chaleur : est-ce légal ?
Non. Depuis le 11 août 2026, une entreprise ne peut plus t’appeler pour te vendre quelque chose si tu ne lui as pas donné ton accord avant. Et pour la rénovation énergétique, l’adaptation du logement à la perte d’autonomie et le CPF, c’est interdit même avec ton accord, sauf si tu as toi-même demandé un devis (DGCCRF, page du 05/08/2026). La loi du 30 juin 2025 interdit aussi, dans la rénovation énergétique, le démarchage non sollicité par SMS, mail ou réseaux sociaux (economie.gouv.fr, page du 22/10/2026).
Tu entends encore parler de Bloctel ? Ce service a pris fin le 11 août 2026 (service-public.gouv.fr, page du 12/08/2026). Il n’y a plus de liste où s’inscrire : c’est désormais à l’entreprise d’obtenir ton accord avant d’appeler. Les mêmes appels interdits existent pour la formation, on les détaille dans le guide arnaque au CPF.
Quels signes ne trompent pas ?
- Une alerte qui te demande d’appeler un numéro, ou un « technicien » qui t’appelle alors que tu n’as rien demandé.
- Quelqu’un qui veut prendre le contrôle de ton ordinateur à distance.
- Un dépanneur qui refuse de faire un devis, ou qui ajoute des travaux « très urgents » une fois chez toi.
- Des travaux « à 1 € » ou « gratuits », une signature présentée comme une simple formalité, une pression pour signer vite.
- Une personne qui se dit envoyée par France Rénov’, l’Anah ou l’État pour te faire signer un devis : France Rénov’ dit clairement que c’est une arnaque.
- Une demande de ton numéro fiscal, de ton RIB ou d’un mandat de prélèvement dès le premier contact.
À quoi ça ressemble en vrai ?
L’alerte au faux virus. Tu lis un article, et soudain une page s’ouvre en grand avec une sirène : ton ordinateur serait infecté, il faut appeler le support. Cybermalveillance.gouv.fr montre des exemples de ces fausses pages, aux couleurs de Microsoft et d’Apple. Selon la même fiche, les pertes vont de quelques centaines d’euros à plusieurs dizaines de milliers.
Le tract tricolore dans la boîte aux lettres. Il ressemble à un document de la mairie et liste des « numéros utiles » de serrurier ou de plombier. Le jour de la panne, c’est lui qu’on attrape. C’est exactement le genre de tract contre lequel la DGCCRF met en garde.
Les travaux « payés par l’État ». Un appel, un SMS ou une visite : on te propose une isolation ou une pompe à chaleur presque gratuite, « avec les aides », il suffit de signer. France Rénov’ cite ces offres « à 1 € » parmi les signes d’arnaque. Et les enquêtes de la DGCCRF dans ce secteur ont relevé des devis incompréhensibles, des crédits camouflés, de faux labels RGE et de faux simulateurs d’aides en ligne (economie.gouv.fr, 22/10/2026).
Que cherche vraiment l’escroc ?
Le faux support veut ton argent tout de suite, et l’accès à ton ordinateur, donc parfois à ta banque. Le dépanneur malhonnête compte sur l’urgence : tu signes n’importe quoi pour que l’eau arrête de couler. Le démarcheur en rénovation veut ta signature, parfois avec un crédit glissé dans le dossier. Dans les trois cas, l’arme est la même : te faire décider vite, seul, sans comparer.
Comment s’en protéger dès aujourd’hui ?
- Note maintenant, au calme, les coordonnées d’un serrurier et d’un plombier recommandés par des proches.
- Même en urgence, compare deux devis si tu peux, et lis-les avant de signer.
- Pour un projet de rénovation, demande conseil à un conseiller France Rénov’, c’est gratuit, et vérifie le label RGE dans l’annuaire officiel. Le label seul ne garantit pas l’honnêteté de l’entreprise, rappelle economie.gouv.fr.
- Ne donne jamais tes informations bancaires ou fiscales pendant un démarchage.
J’ai déjà appelé, payé ou signé : que faire ?
Avec le faux support : désinstalle le logiciel de prise en main à distance, change tous tes mots de passe et lance une analyse antivirus complète. Si tu as payé par carte, fais opposition ; pour un virement, demande à ta banque de l’annuler. Garde les preuves : numéro appelé, relevés, fausses factures, nom du logiciel utilisé. Puis porte plainte (Cybermalveillance.gouv.fr). Si l’escroc t’a parlé de ton compte bancaire, lis aussi le guide faux conseiller bancaire.
Avec des travaux signés après un démarchage à domicile : tu as 14 jours pour te rétracter (economie.gouv.fr, page du 22/10/2026). Attention, ce délai ne vaut pas pour une réparation urgente que tu as toi-même demandée chez toi (economie.gouv.fr, page du 20/07/2023).
Avec un dépanneur hors de prix : garde le devis, la facture et le nom de l’entreprise, puis signale-la. Info Escroqueries te conseille gratuitement au 0 805 805 817, en semaine. Toutes les démarches, dans l’ordre, sont réunies dans le guide je me suis fait arnaquer.
Où signaler un faux support ou un artisan abusif ?
Un artisan abusif, un démarchage interdit ou des travaux mal faits se signalent sur SignalConso, le service de la répression des fraudes. Un problème avec une entreprise RGE peut aussi être signalé sur le site de France Rénov’. Un appel ou un SMS de démarchage louche se signale au 33700, et une fausse page d’alerte sur Pharos. On a tout rangé sur la page où signaler une arnaque.
Si le faux technicien se présente comme le service client d’une boutique où tu as commandé, va voir le guide achats en ligne et faux sites.
Les affaires de ce thème
La première affaire de ce thème n’est pas encore sortie.
Prochaine affaire de ce thème, dans l’appli et sur le site : le .
Pour t’entraîner avec un proche : Teste un proche. Toutes les affaires : le journal des affaires.
Sources
- Comment faire face à l’arnaque au faux support technique ? — cybermalveillance.gouv.fr, page du 23/10/2026, consultée le 28/10/2026
- Dépannage à domicile : à quoi devez-vous faire attention ? — economie.gouv.fr, page du 20/07/2023, consultée le 28/10/2026
- Numéros surtaxés et pièges sur internet : attention aux mauvaises surprises ! — economie.gouv.fr (DGCCRF), page du 21/08/2026, consultée le 28/10/2026
- Le démarchage téléphonique désormais interdit si vous n’y avez pas consenti — economie.gouv.fr (DGCCRF), page du 05/08/2026, consultée le 28/10/2026
- Rénovation énergétique : nos conseils pour éviter les arnaques — economie.gouv.fr, page du 22/10/2026, consultée le 28/10/2026
- Se prémunir contre les fraudes — france-renov.gouv.fr, consultée le 28/10/2026
- Démarchage téléphonique abusif, spam vocal ou par SMS : que faire ? — service-public.gouv.fr, page du 12/08/2026, consultée le 28/10/2026
- SignalConso, un service public pour les consommateurs — signal.conso.gouv.fr, consultée le 28/10/2026
- 33700, la plateforme de lutte contre les spams SMS et le démarchage téléphonique — 33700.fr, consultée le 28/10/2026
- internet-signalement.gouv.fr - Accueil — internet-signalement.gouv.fr, consultée le 28/10/2026
- Info-Escroqueries, la plate-forme pour signaler les escroqueries sur Internet — police-nationale.interieur.gouv.fr, page du 06/02/2024, consultée le 28/10/2026